Pourquoi un si long silence ?







Probablement cette semaine, les autorités ivoiriennes se prononceront, enfin, sur l’arrestation présumée du commandant Fofana Abdoulaye qui défraie la chronique.

Cette intervention officielle est très attendue. Elle devrait mettre fin aux spéculations et nombreux mystères qui entourent cette information révélée la semaine écoulée par le célèbre avatar Chris Yapi.

Jeudi dernier, celui-ci faisait état de l’interpellation de l’aide de camp de Guillaume Soro à Ouagadoudou au Burkina Faso. Chris Yapi donne depuis lors une série de détails sur les contours de cette arrestation, sur le séjour du prévenu sur le territoire ivoirien, et sur le contenu de l’interrogatoire auquel il serait soumis à Abidjan.

Dans un tweet posté samedi, Guillaume Soro affirme avoir eu confirmation de l’arrestation de son aide de camp. « J’ai eu la confirmation ce jour, de l’arrestation de mon aide de camp le Cdt Abdoulaye Fofana à Abidjan alors que je le croyais engagé dans une procédure de demande d’asile politique en France. Je souhaite que toute la lumière soit faite sur cette affaire », a écrit le président de Générations et Peuples Solidaires (GPS).

 Sa réaction officielle, la toute première dans cette affaire, donne une indication précise du lieu d’interpellation de l’officier. Mais en attendant « la lumière » qu’il demande logiquement aux autorités ivoiriennes censées détenir Fofana Abdoulaye, le mystère demeure sur bien d’aspects de cette arrestation. Comment le prévenu, radié des rangs de l’armée et visé par un mandat d’arrêt de la justice ivoirienne, se serait retrouvé à Abidjan ? Pourquoi était-il présent dans la capitale économique ivoirienne ? Pourquoi la France et le Burkina Faso, directement ou indirectement cités n’ont rien dit ? Qu’est-ce qui explique surtout le si long mutisme du gouvernement ivoirien jusqu’au moment où nous écrivions ces lignes ce dimanche 8 mai ? Au nom du devoir d’informer les populations, et pour le respect qui leur est dû, ce gouvernement devait, dès le premier jour, infirmer ou confirmer la nouvelle de l’arrestation, quitte à annoncer que les enquêtes se poursuivraient.    

Malheureusement, pendant que l’on attendait une communication officielle et sérieuse, ce sont des communicants du pouvoir qui se sont activés sur les médias sociaux en diffusant des allégations qui semblent préparer les esprits à la thèse d’un soi-disant projet de coup d’Etat qui aurait conduit Fofana à Abidjan ? En tout état de cause, à ce stade, la prudence est la posture la plus recommandable pour les citoyens de tous bords politiques.  Il faut donc éviter toutes spéculations inutiles. Car, quel que soit le temps que cela prendra, tout finira certainement par se savoir dans cette affaire. Pour sa part, Guillaume Soro a montré la voie. En demandant que toute la lumière soit faite, l’ex-PAN met les autorités devant leurs responsabilités, celle d’informer les citoyens en toute transparence comme le ferait tout gouvernement responsable, au lieu d’entretenir insidieusement la désinformation et des supputations. Des sources officieuses au sein de l’armée, au sommet de l’Etat ou ailleurs, il y en a profusion pour tous, avec leurs lots de manipulations et de mensonges.  Attendons donc une version officielle claire et précise, comme l’a été celle de Guillaume Soro.

Cissé Sindou    

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