Le plafond de verre brisé au Qatar





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C’était un écueil. Pire, un rocher infranchissable. C’était un plafond de verre. Pas n’importe lequel. Un plafond gluant. Entre 1970, sa toute première participation à une phase finale de coupe du monde où il finit dernier de sa poule et 2022 où il se qualifie pour la demi-finale, que de chemin parcouru ! Que de bravoure ! Que d’endurance ! Que de travail et d’intelligence pour arriver à vaincre le signe indien ! Que de culot pour briser enfin ce plafond invisible qui pourtant freine toute avancée d’une équipe du continent africain.

On peut donc briser un plafond de verre. Il suffit de vouloir. Le Maroc a voulu et est salué depuis ce samedi 10 décembre 2022 par l’ensemble du monde sportif mais aussi par les politiques africains. Que s’est-il passé ? Rien de singulier. Juste de la prospective, la vision et une décision politique. La preuve : «À la suite du constat que le football professionnel marocain manquait de souffle et de rayonnement, le roi Mohammed VI propose la création d’un centre de formation qui serve de modèle national en s’alignant sur les modes de gouvernance en vigueur dans les clubs de football internationaux, tant sur le plan juridique, de la formation, de l’encadrement, du financement et des infrastructures», écrit Wikipédia.

C’était le 14 mai 2008. Et, en mars 2010, soit près de deux ans après, ce qui n’était que projet est devenu réalité : l’Académie Mohamed VI de football. Bâti sur une superficie de 18 hectares, ce campus qui a coûté à peu près 9 milliards de FCFA et situé non loin de la capitale Rabat, n’a rien à envier, selon plusieurs experts, aux académies européennes. On y fait du sport-études et il concentre toutes les commodités nécessaires à la maîtrise du sport-roi et de son environnement.

Pas étonnant donc que l’ossature de l’équipe nationale marocaine, Les Lions de l’Atlas, soit composée majoritairement des jeunes issus de cette école. A commencer par Youssef En-Nesyri, le joueur du FC Séville en Espagne, qui a crucifié les Portugais de CR7 en faisant du CR7. Sur un centre venu de la gauche, il est monté plus haut que toute la défense, le goal-keeper y compris, (comme CR7, Real Madrid, devant la Juventus de Turin en demi-finale de Ligue des Champions UEFA) pour smasher le ballon, le catapultant ainsi dans les filets portugais. Avec lui, il faut citer Azzedine Ounahi, le jeune milieu de Angers SCO, Ligue 1 française, porteur du numéro 8 et véritable tour de contrôle des Lions.

Il est vrai que ce beau spectacle produit depuis le début par le Maroc (l’équipe n’a encaissé jusque-là qu’un seul petit but, un contre son camp du reste) est notablement l’œuvre des joueurs et de leur coach mais avouons qu’en amont, il y a la grande idée venue du jeune roi qui a compris que l’Afrique ne pouvait pas se cacher longtemps derrière la fatalité ou le plafond de verre pour justifier ses échecs en football sur le plan mondial. Mohamed VI a vu qu’une simple volonté politique, la détermination, le sérieux, l’organisation méticuleuse du travail pouvaient aider à casser la baraque et à s’envoler. Rendons-lui hommage !

Voilà 92 bonnes années que la coupe du monde de football existe dans sa forme pratique. Pour la toute première participation d’un pays africain à la phase finale, il a fallu attendre la deuxième édition, 4 ans après : en 1934. C’était l’Egypte qui représentait le grand continent. Les Pharaons sont même sortis de leur poule avant d’être éliminés par la Hongrie 4-2. Puis, plus rien. L’Afrique, révoltée à l’idée de ne se faire représenter à la coupe du monde que par un seul pays, ayant boycotté entre temps l’édition de 1966. Il y a donc longtemps que le continent parle d’une même voix autour du ballon rond, à l’échelle mondiale. Le Maroc est Africain. A fond derrière !

Abdoulaye Villard Sanogo

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