Ces détenus et exilés à ne pas oublier







Les regards sont tournés vers le gouvernement pour la libération des détenus politiques et le retour des exilés, conformément aux décisions du récent dialogue politique. Voilà plus de deux ans que Koné Kamaraté Souleymane dit Soul To Soul et bien d’autres proches de l’ancien président de l’Assemblée nationale ont été mis aux arrêts par les autorités ivoiriennes le jour du retour avorté de Guillaume Soro à Abidjan. Parmi eux, Kassé Kouamé Jean Baptiste, Koné Ardjouma Herman, Dosso Seydou, Kamagaté Adama, Bamba Souleymane, Fofana Konan, Traoré Lamine. Ce sont des militaires de la garde de l’ex-PAN ou ses collaborateurs civils. Au groupe arrêté le 23 décembre 2019, s’ajoutent des personnes interpellées avant ou après cette date. C’est le cas de Doumbia Youssouf Kader, président d’Espoir de la Génération 72 (EG72) arrêté le 17 janvier 2019, et de Métongou Traoré ex-président de la Chambre des cyberactivistes pro-Soro interpellé le 17 février 2021, El hadj Mamadou Traoré interpellé à la mi-janvier 2022.

Ils sont pour la plupart détenus, officiellement pour divulgation de fausses nouvelles, atteinte à la sûreté de l’Etat…, mais la raison réelle de leur détention est connue de tous, à savoir leur fidélité à Guillaume Soro, président de Générations et Peuples Solidaires (GPS). Certains, on le sait, ont été jugés et condamnés en juin dernier par le tribunal criminel d’Abidjan. Mais, le déroulé de ce procès et la légèreté des accusations ont convaincu l’opinion de son caractère politique et de l’acharnement judiciaires dont font l’objet ces détenus de la part du pouvoir. Jusqu’à quand continueront-ils ainsi de faire les frais de leur fidélité à Guillaume et de servir de moyen de chantage politique du pouvoir vis-à-vis du leader de GPS ? Entre autres recommandations, le récent dialogue pouvoir opposition a demandé la libération des prisonniers politiques et le retour des exilés. Des recommandations que le gouvernement ne s’empressera peut-être pas à mettre en œuvre. D’où la nécessité pour les militants et sympathisants de GPS à poursuivre leur mobilisation.

Une mobilisation et une détermination qui ont déjà permis la libération d’autres proches de l’ancien Premier ministre. Nous n’oublions pas les autres prisonniers politiques comme ceux de la crise postélectorale de 2010-2011, militaires comme civils, et ceux de la crise électorale de 2020 encore en prison. C’est pareil pour tous ces citoyens contraints à l’exil parce qu’opposés au régime actuel. A leur tête, Guillaume Soro condamné à la prison à vie par le tribunal criminel d’Abidjan qui a aussi prononcé la dissolution du mouvement qu’il dirige. Ce verdict a la particularité d’avoir été prédit par le chef de l’exécutif Alassane Ouattara, au cours d’une interview. Ceci permettant de comprendre cela. Nous n’oublions pas non plus Charles Blé qui attend désespérément que son passeport ivoirien lui soit délivré afin qu’il puisse regagner son pays. Définitivement acquitté par la Cour Pénale Internationale (CPI), il a formulé une demande de passeport auprès des autorités pour se rendre en Côte d’Ivoire comme l’ex-chef de l’Etat Laurent Gbagbo son ex-codétenu. Mais sa demande reste sans suite. Autant d’exilés et de détenus politiques dont le sort constituent une source de tension dans l’atmosphère politique nationale. Il faut mettre fin à leur exil et leur détention au nom de l’apaisement, comme souhaité par l’ensemble des participants au dialogue politique.

Cissé Sindou

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