Malgré la-non reconnaissance « entière » de la plateforme nationale comme centrale syndicale, Zadi Gnagna ne veut rien lâcher





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Tout en dénonçant la non-reconnaissance entière de sa centrale syndicale, Zadi Gnagna entend poursuivre les discussions engagées avec le gouvernement



Le président de la centrale plateforme nationale des organisations professionnelles des secteurs public et privé, Zadi Gnagna, entend poursuivre les discussions engagées avec le gouvernement bien que son organisation, déclarée depuis 2019, centrale syndicale soit toujours mise à l’écart lors des rencontres officielles.

Lors de la célébration de la fête du travail dimanche 1er mai 2022, les organisations de base ont dénoncé cette situation et demandé à leur président Zadi Gnagna de suspendre toute participation aux discussions actuelles qui devraient aboutir à la signature d'une trêve sociale en Côte d’Ivoire, jusqu’à la reconnaissance totale et entière du statut de centrale syndicale de la Plateforme nationale.

En réponse, Zadi Gnagna qui a trouvé légitime la réaction de la base estime que la plateforme qui aspire au mieux-être de ses syndiqués ne peut, pour quelque raison que ce soit, se mettre en marge des discussions actuelles, des reformes importantes à venir avec le gouvernement.

Il a rassuré la base que le combat pour leur reconnaissance pleine et entière et avec les avantages liés au statut centrale syndicale de la plateforme nationale est engagé et est irréversible.

La trêve sociale signée entre le gouvernement et les organisations syndicales arrive à échéance en août 2022, rappelle-t-on.

Ci-dessous, l’intégralité de son discours

(...)

A l’instar du monde entier, la Côte d’Ivoire célèbre la traditionnelle fête du travail. L’histoire aura voulu qu’elle coïncide avec la fête de l’Aid El fitr. C’est pourquoi je voudrais dire bonne fête à nos frères musulmans en général et en particulier à tous les travailleurs de cette congrégation qui pendant 30 jours ont observé le jeûne. Je salue leur résilience et prie pour que Dieu agrée leurs prières.

Camarades travailleurs, la fête du travail est une célébration en l’honneur des travailleurs. C’est donc un grand moment de retrouvailles.

Cette année, elle se déroule dans un contexte général marqué :

– Au plan International par :

La crise militaro-politique en Ukraine et ses effets sur les ressources énergétiques (gaz, pétrole) et alimentaires (le blé) Cette crise rejaillit sur l’ensemble des pays. Notre pays n’y échappe pas.

– Au plan sous régional

L’instabilité politique des 3 pays frères (Mali, Burkina-Faso et Guinée) affecte à des degrés divers le seul oasis de paix qu’est la Côte d’Ivoire.

S’il est vrai que le 1er Mai 2022 intervient dans ce contexte de crise cité plus haut, avec sa vague d’inflation entraînant le renchérissement du coût des produits de première nécessité doublé des effets résiduels de la crise sanitaire à CORONA VIRUS, il n’en demeure pas moins que le travailleur ivoirien ait le droit de croire en l’amélioration de ses conditions matérielles et sociales.

C’est pourquoi, tout en saluant les mesures prises par le gouvernement pour atténuer les effets de la cherté de la vie, on note que leurs impacts sont encore peu visibles.

Il urge donc de mettre en place une vraie politique d’autosuffisance alimentaire afin de réduire notre dépendance vis-à-vis de l’extérieur.

– Au titre de la bonne gouvernance et de l’exemplarité

Les audits engagés par le gouvernement dans plusieurs sociétés d’état et dont les résultats ont révélé de nombreux détournements de deniers publics ne sauraient se limiter au seul limogeage des personnes incriminées. Il faut absolument que la justice passe pour une question d’exemplarité. Nous saluons également les réformes entreprises par Mme la ministre de la Fonction publique, en vue d’assainir l’environnement des concours et examens, donnant ainsi les mêmes chances de réussite à tous les enfants de ce pays.

– Au plan Politique

La PFN Salue le dialogue politique engagé par le gouvernement qui a abouti à des accords dont nous souhaitons la mise en application pour maintenir et renforcer la paix que nous observons depuis quelques mois.

Camarades travailleurs, cette fête intervient aussi à un tournant décisif de notre système éducatif. En effet, c’est la fin des états généraux de l’Education Nationale.

– La fin des états généraux

D’importantes résolutions ont été prises après plusieurs mois de travail ayant réuni l’ensemble de la communauté nationale. (L’école appartient à la communauté.)

Notre Souhait le plus ardent, est que ces travaux, émanations des aspirations de tout le peuple de Côte d’Ivoire, ne soient sagement rangés dans un tiroir. – Au plan syndical

Concernant le secteur public, c’est la fin de la trêve sociale conclue en Août 2017 avec le gouvernement ivoirien. Qu’il nous soit permis de rendre un hommage mérité au Premier Ministre Feu Amadou Gon Coulibaly, avec qui nous avons négocié et qui malheureusement nous a quitté.

Cet accord en deux documents a permis des avancées sociales importantes suivantes :

• Le paiement du SDA

• La réforme de la pension de retraite

• La bonification indiciaire (100 à 150 points)

• L’intégration des agents journaliers etc…

A ce niveau, je voudrais dire merci au Président de la République qui a permis le décaissement de plus de 300 milliards de nos francs.

Soucieux de préserver ce climat de paix, le Premier Ministre Patrick ACHI a, depuis sa nomination instruit ses services, notamment le Ministère de la Fonction Publique, en vue d’engager de nouvelles négociations avec l’ensemble des organisations syndicales. La première phase de ces discussions (phase préliminaires) a permis de recevoir les revendications transversales au nombre de 16 et de nombreuses revendications sectorielles, car l’accord que nous voulons se présente comme une pyramide dont le sommet représente les revendications d’ordre général et la base les revendications sectorielles.

Au niveau transversal, ainsi on note entre autres :

• Relèvement de la valeur de l’indice référentiel de base (IRB) actuellement fixée à 233.457 à 500 frs

• Paiement d’un 13e mois de salaire aux Fonctionnaires et Agents de l’Etat, au mois de décembre.

• Relèvement du taux d’annuité liquidable de la nouvelle pension de retraite fixé à 1,75.

• Le relèvement des pensions de retraite tous les 2 ans.

• Revalorisation de la prime de transport et de l’allocation familiale.

• L’adoption du nouveau statut général de la Fonction Publique telle que modifié de façon consensuelle.

• Etc.

– Au niveau sectoriel

L’ensemble des revendications se résume pour la plupart en l’amélioration des conditions de vie et de travail avec en point d’orgue des demandes d’indemnités et de primes diverses liées à la spécificité de chaque secteur.

La seconde phase va consister en l’ouverture des discussions sur le fond des revendications dans un cadre qui sera indiqué par le Premier Ministre lui-même, de sorte à aboutir à un nouvel accord gagnant / gagnant.

La Plateforme Nationale, organisation responsable et éprise de paix s’est engagée sans calcul dans ce processus, cette approche novatrice inspirée par le Premier Ministre. Une approche résultant d’un dialogue social ouvert, sans crise préalable.

Si une telle approche aboutissait à une nette amélioration des conditions salariales des fonctionnaires ivoiriens, alors, notre pays aura définitivement tourné aux crises sociales.

C’est pourquoi la Plateforme Nationale exhorte toutes les parties prenantes à faire preuve de sincérité et d’ouverture d’esprit, au cours des discussions à venir.

II- AU TITRE DU SECTEUR PRIVE.

Ce secteur ne doit pas être à l’écart de ce vaste mouvement de dialogue sociale initié par le gouvernement, car les problèmes liés à la liberté syndicale, à la précarité de l’Emploi, la faiblesse des revenues, la question de la protection sociale, le caractère dérisoire des pensions de retraite demeurent entiers et méritent une attention particulière de l’Etat, en accord avec le patronat. De façon plus spécifique la question du relèvement du smig de 60 000 frs à 120000 frs ainsi que du smag de 33 000 à 60000 frs.

Comme vous le voyez, la Plateforme Nationale créée par les organisations de base pour porter leurs aspirations les plus légitimes ne peut pour quelque raison que ce soit, se mettre en marge des discussions actuelles, des reformes importantes à venir, sans se renier. Mais elle ne peut non plus continuer à végéter dans un statut flou. Elle ne peut être la seule à payer le prix du report des élections professionnelles, Pendant que les 5 autres candidats sont entretenus, nourris et blanchis. Visiblement l’on veut affaiblir notre organisation avant d’organiser un jour les élections professionnelles en étant assurées qu’elles viendront consacrer la situation ante. Non ! trop c’est trop. Soit l’on organise les élections professionnelles soit toutes les centrales retenues devront être logées à la même enseigne.

C’est pourquoi, tout en partageant votre amertume liée à une mise à l’écart inexplicable, injustifiable et inacceptable, je vous demande de me faire confiance, de laisser une chance aux gens de bonne volonté qui partagent notre douleur, notre colère et qui entendent y mettre un terme bientôt.

En tout état de cause, le combat pour notre reconnaissance pleine et entière et avec les avantages liés à notre statut est engagé. Il est irréversible.

C’est sur ces mots d’espoir, que je voudrais vous souhaiter bonne et heureuse fête du travail.

Vive la Plateforme Nationale

Vive le monde du Travail

Je vous remercie.

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