La paix s’éloigne, peur sur l’Europe





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Au lendemain de la décision prise au forceps par l’Allemagne de fournir ses chars de combat Leopard 2 aux combattants ukrainiens pour faire face à la Russie, la peur s’est abattue sur l’Europe. Comme l’indique très clairement la Une des quotidiens du vieux continent de ce jeudi 26 janvier 2023.

S’ils applaudissent la décision allemande et américaine, très rapidement, parce que lucides tout de même, ils mettent en relief le caractère dangereux de cette décision qui ne pourra que donner un coup d’accélérateur à l’escalade de la violence.

Ainsi du New York Time, quotidien américain cité par un confrère français, qui pense que l’envoi de ces engins mortels est «le prélude à une guerre terrestre d'une ampleur inédite en Europe depuis plus de sept décennies». Cela est d’autant risqué qu’à peine la décision prise, le président ukrainien demande déjà des avions de guerre et des missiles sol-air.

Toute chose qui fait dire à la Vanguardia, quotidien espagnol, que cet état de fait «va obliger la Russie à intensifier ses attaques et conduire à une nouvelle escalade de la guerre». Parce que la Russie a toujours soutenu qu’au lieu d’armer l’Ukraine, il vaut mieux rechercher le chemin de la paix. Car, expliquait Poutine, envoyer des chars Leopard sur le terrain des affrontements est "extrêmement dangereux".

En Allemagne et en Russie, l’inquiétude d’une guerre qui irait au-delà des frontières ukrainiennes monte comme cela se présente sur les Une des quotidiens de ces deux pays. Car si les uns craignent des représailles russes, les autres n’hésitent pas un seul instant à affirmer que l’Allemagne est en guerre contre la Russie.

Comme on le voit, la presse européenne est consciente du grave danger qui pèse sur les épaules des dirigeants européens et américains à la suite de la décision, évitable, prise ce mercredi de rejeter l’idée de la paix dans ce conflit et d’opter plutôt pour la guerre totale. Le problème avec nos confrères, c’est qu’ils ne font pas le pas nécessaire, pour demander à l’unisson, à leurs responsables politiques, d’engager les discussions afin de parvenir le plus rapidement possible à la paix.

Ils voient tous le grave danger que court leur continent à travers la décision allemande et américaine, ils le pointent même du doigt mais dans le même temps, ils l’applaudissent à tout rompre. Parce qu’ils sont tous embobinés par un narratif construit autour d’une seule idée : Poutine le mauvais, le diable qui doit être neutralisé par tous moyens. Une sorte de storytelling dans lequel chaque segment de la vie politique joue merveilleusement bien son rôle.

Mais alors, que font-ils de leur rôle d’éveilleur de conscience, d’empêcheur de tourner en rond ? Vont-ils continuer de compter les morts chaque jour au réveil ou chaque soir au coucher ? Quand comptent-ils arrêter d’accompagner et de soutenir farouchement les politiques dans leur volonté de mener le monde à une troisième guerre mondiale, une guerre nucléaire ?

Moi, je les invite ardemment à stopper net l’animation du front. Car, s’ils arrêtent d’arroser les discours et autres postures politiques et prennent le chemin de la négociation et de la paix, les discours guerriers ne vont plus pousser. Et la peur qu’ils ressentent actuellement à raison et qui plane sur les toits des familles européennes s’estompera.

Abdoulaye Villard Sanogo

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