Ouattara-Gbagbo : le match retour se précise





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Ouattara-Gbagbo : le match retour se précise

La machine politique du PPA-CI se met progressivement en place face au Rhdp.

Avec un air de revanche. S'il y a une vérité sur laquelle il ne faille jamais se méprendre dans la politique ivoirienne, c'est le désir éternel d'Henri Konan Bédié et de Laurent Gbagbo d'occuper à nouveau le fauteuil présidentiel ivoirien, et leur quête d'une réhabilitation devant l'histoire suite aux conditions tumultueuses de leurs chutes.

Quand on sait aussi qu'Alassane Ouattara tient à garder ce fauteuil le plus longtemps possible après qu'il a montré en 2020 à quel point il aime le pouvoir, il faut s'attendre à ce que se joue en 2025 le fameux "match retour" tant attendu par certains Ivoiriens. En tout cas, Laurent Gbagbo lui, s'y prépare particulièrement. La preuve, son parti, le PPA-CI, vient encore de faire une démonstration de force en réussissant deux grandes mobilisations en 24 heures.

D'abord le 31 mars à Yopougon dans le cadre de la "fête de la renaissance" commémorant l'acquittement définitif de Laurent Gbagbo par la CPI le 31 mars 2021. Ensuite le 1er avril à Treichville pour une adresse de l'ex-Président ivoirien à la jeunesse. A l'occasion de ces deux rendez-vous, Laurent Gbagbo a donné deux grands signaux.

Premièrement, il veut que le contentieux de la crise postélctorale de 2010-2011 soit vidé jusqu'au bout. Ainsi, en rouvrant ce dossier comme il l'a fait au cours de son discours à la Place Ficgayo et en demandant que les coupables des morts de cette crise soient conduits devant la CPI, après que lui-même ait été acquitté par cette juridiction internationale, il fait tourner les regards du monde entier vers le camp d'Alassane et lui met une pression supplémentaire.

En outre, il clame son innocence et se donne une virginité devant ses partisans. En plus de les radicaliser vis-à-vis du régime en place, cette stratégie est de nature à regalvaniser ses partisans pour le combat de son retour au pouvoir, un retour qui représente pour eux la meilleure réparation de ce qu'ils considèrent comme une injustice subie par leur champion après l'élection de 2010.

Le 2e signal donné par Gbagbo, c'est le fait qu'il s'installe confortablement dans son rôle d'opposant au pouvoir d'Alassane Ouattara. Face aux jeunes au Palais de la Culture, il a donné le ton d'une véritable critique de la gouvernance de son successeur à la tête du pays, en traitant par exemple de "ridicule" l'instauration d'un péage pour le trajet Cocody-Marcory. En critiquant, Laurent Gbagbo annonce son intention de déconstruire le bilan de Ouattara. La prochaine étape sera sans doute le dévoilement de ses propres offres.

C'est donc sa candidature à la présidentielle de 2025 qui se profile. "Il y a des moments où certaines charges s'imposent à vous. Je n'exclus rien", répondait-il à France 24 au lendemain du congrès constitutif du PPA-CI en octobre 2021. Certes, certains de ses proches confient qu'il ne souhaite plus briguer la magistrature suprême, et que son vœu intime est de bâtir un instrument politique qu'il laissera à la jeune génération et prendra sa retraite à Mama, son village. Mais nous n'y croyons pas. Tout comme nous ne croyons pas que quiconque réussisse à l'empêcher d'être candidat à la prochaine présidentielle, pour quelle que raison que ce soit. Mais avant, il y aura déjà en fin 2023, la bataille pour le contrôle de la commune de Yopougon.

Une bataille que Ouattara et Gbagbo se livreront par procuration. Une bataille hautement symbolique quand on sait que Yopougon compte le plus grand nombre d'électeurs dans le fichier national.

Cissé Sindou

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