Interview/Ouli Pat (Promotrice de Yorodéhé) : "Nous envisageons de passer au stade de fondation"





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La créatrice de mode Ouli Pat sera en attraction le vendredi 7 juin prochain à l’hôtel Pullman d’Abidjan-Plateau, pour célébrer la 6e édition du Festival du pagne tissé africain dénommé "Yorodéhé", mais aussi le 15e anniversaire  de sa carrière, démarrée officiellement en 2004. En prélude à cet événement, nous l’avons rencontré. Elle nous donne les grandes lignes de cette activité qui a un volet humanitaire, en faveur des jeunes filles de Bloléquin.

Que prévoyez-vous pour cette édition de "Yorodéhé" ?

Nous sommes à la 6e  édition de ce festival qui fait la promotion du pagne tissé ivoirien et je proposerai du beau et du rêve aux ivoiriens. Ce sera une soirée spectacle avec 19 créateurs et accessoiristes de mode, dont Aimé Gbalé, Dieudonné Tra, Ousmane Doumbia, Les perles d’Ayo, Stéphane Mambo (Côte d’Ivoire),  Angela (France), Bazem Sé (Burkina Faso), Soulman Bonfis (Cameroun), Mamadou Diop (Sénégal).

Vous célébrez aussi au cours de cette soirée, le 15e anniversaire de votre carrière. Quel sens revêt cette célébration pour vous ?

Le 15e anniversaire marquera ma reconnaissance à toutes les personnes qui ont cru en moi dès le début de ma carrière et aussi à celles qui m’ont toujours accompagnée c’est un rêve d’enfant qui se réalise, grâce au concours du Ministère de la culture, mais aussi des créateurs de mode ivoiriens qui me soutiennent

Vous vous êtes lancée aussi dans le volet humanitaire depuis quelques années. Pouvez-vous en dire un mot ?

Oui "Yorodéhé" est l’espace par excellence pour moi de tendre la main à mes sœurs de l’Ouest de la côte d’Ivoire qui continuent de vivre difficilement après les moments douloureux des crises que nous avons vécues.

Nous voulons passée au stade de fondation afin de venir en aide aux jeunes filles pour les rendre autonomes. Nous essayons de travailler à aller plus loin que des dons de machines. Nous approchons les dirigeants de la région qui se mobilisent au fur des éditions et à leur niveau pour soutenir cette initiative qui aboutira à la construction d’un centre de formation pour ces jeunes que nous recenserons. La soirée de "Yorodéhé" sera donc une occasion pour nous de recueillir des fonds  et de mettre sur place un comité qui commencera le travail.

Quelles sont les stratégies que vous mettez en place pour permettre à toute la population de mieux porter le pagne tissé africain ?

A la base, nous voulions faire la promotion du pagne tissé de l’Ouest de la Côte d’Ivoire. Mais à partir de la 3e édition de "Yorodéhé" et surtout avec le prix de la Francophonie que j’ai remporté, il fallait aller plus loin pour représenter la Côte d’Ivoire toute entière. C’est ce qui explique qu’aujourd’hui, dans mes créations, vous trouverez des pagnes tissés venus de toute l’Afrique. Pour que toute la population puisse porter nos pagnes, j’apporte toujours un plus à la valorisation du pagne tissé. Avant il était difficile de le porter cousu, mais aujourd’hui, je vais plus loin en créant des tenues tendances,  destinées aux jeunes. Mais aussi des accessoires, plus facile à porter par tous.

Solange ARALAMON

 

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