Elle est frileuse et déjantée







Maintenant, on le sait. C’est clair ! Le gouvernement ivoirien n’a pas l’intention de continuer la discussion sur la réforme de la Commission nationale électorale avec l’opposition. Il s’estime en droit de poursuivre le processus de validation de ses desiderata avec ou sans l’assentiment de l’opposition politique et de la société civile.

 D’ailleurs, selon le chef de l’Etat, bien que, pour l’instant, l’on ne soit qu’à l’étape de projet de loi, sa « nouvelle Commission électorale indépendante» est entrée en vigueur depuis le 1er juillet 2019.

 

Après avoir lu ces propos graves, cependant quasiment passés sous silence, l’observateur avisé de la scène sociopolitique ivoirienne est bien obligé de tirer quelques réflexions qui peuvent se formuler en ces termes. Soit le régime Ouattara se croit si largement majoritaire dans l’opinion publique ivoirienne qu’il est persuadé de prendre la bonne décision pour tous en se passant de l’opinion de son opposition. Soit les décideurs du Rhdp-Rdr se sont convaincus qu’en face d’eux, cette opposition est si faible que ses objections les laissent de marbre. Dans les deux cas, ils (Amadou Gon Coulibaly et son gouvernement) s’estiment fondés à imposer leur point de vue sur la réforme de la Cei.

 

De fait, si l’on se fie à l’actualité sociopolitique, tout porte effectivement à croire qu’Alassane Ouattara et son régime n’ont en face d’eux qu’une opposition émiettée qui n’est active que sur les réseaux sociaux et dans la presse. Une opposition qui semble étrangement et totalement incapable de la moindre mobilisation de terrain pour confirmer sa présence dans l’opinion publique. Alors que mille et une raisons devraient l’inciter à manifester pacifiquement. Comme cela se fait ailleurs, sans que le ciel ne tombe sur la tête de personne.

 

Pire, à l’exception notable de Pascal Affi Nguessan du Fpi, les leaders de cette opposition démontrent, par leur léthargie, que chacun d’entre eux ne se bat que pour conquérir une parcelle de pouvoir personnel. En témoigne l’incompréhensible refus du Pdci de participer aux négociations gouvernement-opposition sur la réforme de la Cei, clé de voute des échéances électorales de 2020 en Côte d’Ivoire.

 

Pour le moins égoïste, cette attitude du parti de Henri Konan Bédié a presque contraint les autres formations politiques de la plateforme en gestation à rejoindre la table des discussions en rangs dispersés. Résultat, décontenancés et affaiblis par le revirement inattendu d’un des leurs, certains d’entre ses leaders ont pu aisément être noyautés par le régime au pouvoir et n’ont pas hésité à soutenir le passage en force du régime Ouattara pour s’assurer le contrôle de la nouvelle commission nationale électorale qui remplacera la mal nommée Commission électorale indépendante.

 

A la vérité, même si on sait qu’à 16 mois de l’élection présidentielle ivoirienne, Alassane Ouattara a perdu son principal allié, le Pdci, et qu’il a perdu Guillaume Soro et les Soroïstes, .tout porte cependant à croire qu’il a toujours le vent en poupe et que les carottes sont effectivement cuites. Il fait ce qu’il veut quand il le veut. Et les propos du ministre Hamed Bakayoko, prononcés il n’y a pas si longtemps, prennent aujourd’hui toute leur signification. C’est vrai : «Tout est déjà géré et calé». N’est-ce pas ?

 

Fil rouge

Par Bamba Franck Mamadou

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