Lapsus révélateur du Rhdp







Nul n’est infaillible. Tout le monde se trompe. Et il serait prétentieux de se prendre pour le centre d’inertie du savoir. Car ce que nous savons n’est rien, comparé à ce qui  reste à savoir. Nous faisons d’ores et déjà amende honorable si une coquille venait à se glisser entre ces lignes. Concédons donc volontiers à Bictogo&co leur droit à l’erreur. Car « Houpouët » dans lequel le « h » a été élidé est leur création.  C’était au palais de la Culture où celui-ci animait une conférence de presse pour appeler les « demi-Rhdp » à se déterminer. Dans sa ligne de mire, un certain Guillaume Soro, invité à rendre le tablier s’il ne se sentait pas l’âme de Rhdp unifié. Passons, car cela relève de leur cuisine interne qui n’intéresse guère les Ivoiriens.  Et attaquons nous à ce lapsus calami révélateur. Et que révèle-t-il ? Il montre que ceux qui crient à longueur de journée « Houphouët » n’en sont pas forcément des dignes héritiers.  La preuve, et ce de façon triviale, ils ne savent même donner une graphie correcte du nom du premier président. Plus  sérieux, qu’est ce qui rend Houphouët immortel aux yeux des Ivoiriens ? Autrement dit, qu’est-ce que l’houphouétisme ? Même si le « vieux » a trainé de vieilles casseroles du Sanwi, du Guébié, de la triste nuit de 17 au 18 Mai 1991, au cours de laquelle une escouade de bérets rouges, avec à sa tête, un certain Faisan Bi Séhi, s’est adonnée à une expédition punitive dans les résidences universitaires de Yopougon I et II, Félix Houphouët, s’est efforcé à corriger ses erreurs, en faisant de la Côte d’Ivoire un brassage ethnique. Aux antipodes du laid rattrapage ethnique de Ouattara.  Le dialogue, dont il dit, est l’arme forts, a été royalement ignoré par Ouattara dans son contentieux avec Gbagbo, au lendemain de la présidentielle de 2010. Celui-ci a préféré la guerre au recompte des voix proposé par son adversaire. Là où Houphouët est allé jusqu’à démolir la prison d’Assabou, symbole de martyr de ses opposants, Ouattara continue de maintenir dans ses geôles des prisonniers militaires pour une crise dans laquelle sa propre enquête confiée à Paulette Badjo a démontré que ses partisans ont tout aussi commis des crimes abominables. Justicier jusqu’à la moelle épinière et devant l’éternel, pince-sans-rire, il fait le myope sur les morts de Duékoué Carrefour, de Nahibly, d’AnonkouaKouté pour ne citer que ces crimes estampillés Dozo et Frci, armée qu’il a créée par décret depuis la Républiquette du Golf, le 17 mars 2011. Expérimentée lors des grandes guerres ou post-grandes guerres sur le « vieux » (sic, l’Afrique n’est-elle pas le berceau de l’humanité ?) continent, la propagande est connue pour être une  arme redoutable. « Alla N’San », surnom donné à Ouattara, sait que pour entrer dans la cour de la chefferie Akoué et même au-delà, le meilleur passeport reste le nom d’Houphouët. C’est juste cela. Un parchemin. Sinon, dans le fond, la relation particulière que Ouattara revendique avec Houphouët ne lui a pas permis d’épouser l’esprit du bélier de Yamoussoukro. Qui s’est attelé, grâce à ce que lui-même a appelé géopolitique, c’est-à-dire faire participer les Ivoiriens des quatre coins du pays à la marche du pays, à construire une nation au sens plein du mot, loin du monolithisme ethnique abject qui irrigue l’administration ivoirienne.   On n’est donc pas surpris de voir que ses thuriféraires ne sachent pas écrire correctement le nom d’Houphouët. C’est banal. Mais ça mérite d’être souligné.     

 

tbt552@yahoo.fr

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