Kigbafori, l’invincible







Ce lundi 29 juin 2020 marque le 13e anniversaire de l’attentat contre l’avion de Guillaume Soro à Bouaké. Une attaque inédite dont le Premier ministre d’alors est miraculeusement sorti indemne.

Ce lundi est un jour de recueillement pour Guillaume Soro et tous ses compagnons d’infortune du 29 juin 2007encore en vie. Parmi eux, deux de nos collègues, le Rédacteur en chef Marc Dossa, et le Sécrétaire général de la Rédaction Bidi Ignace.

Il y a 13 ans, ils ont failli avoir le même destin que l’ancien Premier ministre qu’ils accompagnaient comme reporters à Bouaké pour la cérémonie marquant le retour officiel de l’administration judiciaire dans les ex-zones Centre Nord et Ouest (CNO). Il n’y a aucun doute, celui qui était visé ce jour-là n’était autre que l’ancien Secrétaire général des ex-Forces nouvelles. Depuis un buisson à quelques mètres de la piste d’atterrissage de l’aéroport de Bouaké, ses ennemis avaient lâchement préparé des tirs de roquettes contre son avion. Ils rêvaient certainement de voir cet appareil exploser sans laisser un seul survivant. Ainsi, après l’atterrissage du FokkerF100, alors qu’il achevait son mouvement sur le tarmac, il a violemment été atteint par plusieurs explosifs. L’attaque a fait dix blessés et quatre personnes tuées sur le coup : le lieutenant Ouattara Drissa, chef de la sécurité, le caporal Diomandé Siaka, garde du corps du Premier ministre, Doumbia Sékou et Sérifou Souleymane K. chargés du protocole. Tous des voisins immédiats de Guillaume Soro dans l’avion. Ce jour-là, on a compris que la mission de l’ancien SG de la Fesci n’était pas terminée sur terre. Et, à la surprise générale, sans même se donner le temps de « s’apitoyer » sur son « propre sort », l’homme passé à un doigt de la mort, va maintenir tout le programme de son déplacement, un programme si important pour la sortie de crise, à savoir l’installation des juges dans la zone qui était occupée par l’ex-rébellion en vue des audiences foraines qui devaient permettre à des milliers d’Ivoiriens d’acquérir leur titre de citoyenneté.

De même, la cérémonie de la ‘’flamme de la paix’’ a été maintenuefin juillet au Stade la Paix, toujours à Bouaké. Loin de se laisser attendrir, le chef du gouvernement poursuivra avec détermination la conduite de la transition jusqu’à la tenue du scrutin présidentielle ayant permis l’élection d’Alassane Ouattara à la tête de la Côte d’Ivoire. Outre l’attentat du 29 juin 2007, Guillaume Soro aura jusqu’à ce jour échappé à une dizaine d’assassinats manqués.

 13 mars 2003 : tentative d'assassinat à Danané par Sam Bockarie. 23 mars 2003 :attaque contre son cortège déjouée sur l'axe Niakara-Korhogo (carrefour Kanawolo). 27 juin 2003 : il échappe de justesse à un lynchage à mort de ‘’jeunes patriotes’’ dans les locaux de la télévision publique ivoirienne, à Abidjan. 4 mars 2004 : il est attaquéà la station Total à Korhogo.8 avril 2004 : une embuscadeest tendue contre lui à Bouaké.20 et 21 juin 2004 : son cortège est mitraillé alors qu’il rentrait du Burkina Faso par la route. Du 4 au 6 novembre 2004 :des Sukhoi bombardent plusieurs sites à Bouaké, il fait partie des personnes les plus recherchées à travers ces tirs.   29 mars 2011 : alors Premier ministre et ministre de la Défense de Ouattara, son cortège essuie des tirs à proximité de la forêt du Banco à Abidjan.

A ces faits rappelés par le confrère ‘’Afrique sur 7’’, on peut ajouter un autre passé inaperçu. Pendant son séjour qui se poursuit contre son gré en Europe, ses nouveaux passeports expédiés depuis Abidjan seraient venus dans des enveloppes contenant une poudre mortelle à l’inhalation. Il aurait été sauvé sur ce coup par les services de renseignements français ayant éventré les colis à temps. Cependant, les épreuves n’ont pas pris fin pour le président de Générations et peuples solidaires (GPS). Pour avoir annoncé sa candidature à l’élection présidentielle d’octobre 2020, ses proches et lui sont l’objet d’un acharnement judiciaire. L’objectif est connu : l’empêcher d’être candidat à cette élection. Mais,ne l’oublions pas, Kigbafori (qui signifiel’invincible en Sénoufo) a toujours triomphé des épreuves. Wait and see.

Cissé Sindou  

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