Mireille Andoh Béniakrou (Présidente de l’association "Un enfant un sourire"): "Quand la nature vous donne un citron, faites en une limonade"





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Mireille Andoh Beniakrou est une femme de communication et de médias  et mère de trois (3) enfants. Depuis 2011, elle est la présidente de l’association "Un enfant un sourire" qui soutient les enfants en difficulté physique, mentale et psychique. Elle est également chargée d’aider les personnes en situation de précarité. E dans le cadre de la journée mondiale de sensibilisation contre l’autisme, elle entend organiser une série d’activités en faveur des enfants souffrants de cette pathologie.

Comment est née votre association ?

En 2011, j’étais enceinte de ma fille, en pleine crise post-électorale et selon les médecins, j’ai fait une réaction à la CMV qui est une infection qu’une femme a dans l’utérus et qui peut agir sur son enfant. Et à l’accouchement, à l’hôpital de Fontaine Bleu en France, les médecins ont dit que l’enfant n’allait pas pouvoir parler ni marcher. Et c’est là qu’est né, mon mari et moi, notre combat. Nous n’étions que deux et n’avons pas été ménagé par les médecins qui nous ont jeté l’information au visage. Nous étions dans un stress permanent jusqu’à ses premiers pas et à ses premiers mots afin de savoir si elle avait un problème ou pas. Et fort heureusement pour nous, la petite n’a rien eu comme souci. Nous avons vécu un gros stress et je me suis demandé comment les parents qui sont touchés par ce genre de pathologies réagissent. Mon regard a changé. Et même si par le passé, j’ai été présidente de club d santé au lycée, ce n’était pas la même réalité.  Je nourris le projet en 2011 et c’est finalement en 2018 que je décide de créer l’association "Un enfant, un sourire".

Quelles sont vos objectifs?

Nous avons choisi de promouvoir le vivre ensemble et l’acceptation de l’autre avec ses différences, surtout les personnes qui ne sont pas en possession de toutes leurs facultés. Il est vrai que nous faisons dans tout ce qui est santé psychique, mais nous travaillons aussi dans l’alphabétisation et nous avons eu de bons retours.

Quelle est la réaction des parents lorsque vous les approchez ?

Les enfants n’ont pas de réactions particulières, mais les parents sont toujours heureux quand nous les approchons. Ils sont heureux qu’on s’intéresse à leur vie. Il y a une phrase que je leur dit souvent et qu’ils ont fini par adopté, c’est que, si la vie vous donne un citron, faites en une limonade car à tout point de vue, ce sera plus facile à consommer. Aujourd’hui, les parents d’enfants autistes font du citron de la limonade parce que leurs enfants  qui ont un manque et une insuffisance arrivent à mieux gérer la situation. Beaucoup de familles se disloquent et beaucoup de divorces surviennent après qu’un enfant y soit né avec une différence.

Dans le cadre de la journée mondiale de sensibilisation contre l’autisme qui a lieu tous les 2 avril, vous avez prévu une série d’activités. Pouvez-vous nous en dire un mot ?

La Côte d’Ivoire est l’un des pays d’Afrique les plus impliqués dans la lutte pour les différences. Mais le chemin est encore long. A partir de ce vendredi 2 avril, nous allons sillonner les radios, les médias et les rues pour parler de la différence. Nous voulons faire comprendre à la population qu’un enfant qui a une différence doit pouvoir profiter de la vie comme tous les autres. Il doit participer aux fêtes, aux cérémonies  et qu’il fait partie de la vie de tous les jours. Ce sera une semaine, pas de tristesse, mais plutôt un moment pour faire ressortir que les enfants autistes ont de belles histoires par ce qu’ils ont pu réaliser malgré leur différence.

Au-delà l’autisme, quelles autres actions mène votre association ?

Aujourd’hui, nous ne nous occupons pas que de la petite enfance. Nous avons aussi un volet intégration à la vie sociale et d’autonomisation de la femme. Dans ce cadre, nous avons le soutien d’une  bibliothèque dans le 77 en France qui nous aide dans la collecte de livres et de DVD. Il s’agit pour nous d’installer des bibliothèques dans toutes les communes et villes de Côte d’Ivoire pour permettre à toutes les femmes de savoir lire. Nous avons aussi un volet sur l’art ménager pour développement chez les femmes le savoir-vivre et le savoir-être afin de se prendre en main.

Réalisée par Solange ARALAMON

 

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