S’engager contre toutes les VBG







Le journaliste Yves De Mbella a commis la grande maladresse de vouloir imiter une scène de viol sur le plateau de la télévision Nci. Comme il fallait s’y attendre, il a payé cash ce comportement indécent qui a été unanimement condamné par la communauté nationale et internationale. Après avoir été condamné par la justice à une année avec sursis, il a subi la sanction de la Haca, de ses collègues, de sa rédaction, de ses confrères, des organisations féminines, des sponsors et de certains partis politiques. De toute évidence, il y a une sorte de sur-indignation qui tend à théâtraliser un sujet aussi sérieux et sensible comme le viol. Chacun cherche à utiliser cette affaire pour faire sa publicité personnelle ou se faire voir simplement. La majorité des indignés n’a pas pris le temps de regarder l’intégralité de l’émission dont il est question afin de construire un argumentaire en connaissance de cause. Qu’à cela ne tienne, c’est la déclaration de certains partis politiques en mal de publicité qui est malheureuse. Ils réclament des sanctions pour quelqu’un qui a été déjà sanctionné. Pour eux, il faut tirer sur le cadavre. Quelle incongruité. Au-delà de l’émotion provoquée par l’émission de Nci, il importe que de façon sérieuse, tous les indignés de la 25eme heure  sortent du mimétisme pour s’attaquer au viol qui commence à devenir un vrai problème de société. A l’occasion de presque tous les concerts et spectacles dans la cité, des jeunes filles se font violer. Dans les commissariats et les tribunaux, plusieurs personnes vulnérables se battent sans aucune assistance ou soutien pour leur dignité. Aucune organisation ne leur vient en aide.

Le Conseil national des droits de l’homme a enregistré plus 150 cas de violences basées sur le genre (VBG) avec au moins 75 cas de viols, rien pour cette année 2021. Où sont les partis politiques et la société civile ? Que font-ils concrètement face aux violences basées sur le genre ? Rien. En tout, il faut savoir rester raisonnable. Il est bon de dire non à l’indignation sélective et de s’engager véritablement dans la lutte contre toutes les violences avilissantes pour la femme. Mbella a commis une faute professionnelle. Une sanction exemplaire lui a été infligée. Lui-même s’est fondu en excuses après avoir réalisé la gravité de l’acte posé. Avec l’émotion suscitée cette affaire, il a même été l’objet d’une garde-à-vue en parfaite violation de la loi sur la presse qui proscrit la privation de liberté pendant la procédure pour les délits commis par voie de presse.  Une jurisprudence vient de s’écrire. En aucun cas,  on se saurait être injuste en voulant rendre justice. Mbella devait comparaitre libre. Cela n’a pas été le cas.  Il faut en tirer les enseignements. La loi, dit-on, est dure mais, c’est la loi. C’est en connaissance de cause que le législateur ivoirien a proscrit la garde à vue pour que l’homme de media ne soit pas traité comme les bandits de grands chemins qui volent, violent et tuent. Le vin est tiré…

SW

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