L’Autorité nationale de la presse instruit des journalistes sur la posture à adopter en cas d’agression extérieure





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L’Autorité nationale de la presse (ANP) a organisé, jeudi 17 novembre 2022, à l’amphithéâtre de l’ISTC Polytechnique d’Abidjan, sa traditionnelle session de formation, de coaching et d’échanges, dénommée ANP ACADEMY.

Cette session, la 13e et dernière pour l’année 2022 a été l’occasion pour les journalistes, César Etou et André Sylver Konan et l’enseignant-chercheur, professeur Nanourougo Coulibaly d’entretenir leur auditoire sur le thème « Agression extérieure, patriotisme et sureté de l’Etat : Quelle doit être la responsabilité sociale du journaliste dans le traitement de l’information ? ».

Pour le président de l’ANP, Samba Koné, il s’agit à travers ce thème d’ouvrir le débat sur la posture et la responsabilité sociale du journaliste en cas d’agression extérieure. Sur le choix du thème, Samba Koné a rappelé le cas des 46 soldats ivoiriens encore détenus au Mali. Et expliqué qu’« entre liberté d’expression, droit à l’information, patriotisme et sûreté de l’Etat en cas d’agression extérieure, le champ de manœuvre peut se révéler immense, voire extrêmement périlleux ».

Pour le journaliste César Etou les journalistes ivoiriens combattent et célèbrent leur patriotisme selon leur attachement ou leur affection.

Sur les origines de ce déficit grandissant de patriotisme chez les journalistes, le directeur de publication du journal « La Voie Originale » a répertorié trois grands moments de manifestation du patriotisme. De 1960 à 1990, moment de patriotisme étouffé où les journalistes faisaient un black-out sur les agressions de nos compatriotes à l’étranger.

De 1990 à 2001 périodes d’éclaircies patriotiques avec notamment la demi-finale de la coupe d’Afrique des clubs champions entre l’Asec Mimosas et Asante Kotoko en 1993 au Ghana, où les journalistes ivoiriens ont pu faire respecter leur nation face aux agressions extérieures répétées. Et la période qui court de 2002 jusqu’à nos jours qualifiée de « patriotisme sélectif » avec la rébellion de 2002.

Comme solution au patriotisme « à géométrie variable », il propose aux confrères journalistes de tous les bords de se retrouver pour s’unir contre les initiateurs de la conquête du pouvoir par la violence.

De son côté, André Sylver Konan, fondateur du journal Ivoir’Hebdo, le journalisme est un métier « particulier » régi par un code d’éthique et de déontologie. Pour lui, en cas d’agression extérieure, le journaliste doit respecter les faits « en raison du droit du public de connaitre la vérité ».

Toutefois, en invoquant la loi en matière d’atteinte à la sûreté de l’Etat, il a fait savoir qu’on n’est plus dans le délit de presse, mais dans le crime. En cas d’atteinte à la sûreté de l’Etat, les sanctions vont jusqu’à la condamnation à vie.

Pour lui, en cas d’agression extérieur, le journaliste doit traiter l’information en faisant en sorte à ne pas être condamné à l’emprisonnement à vie.

« Quand votre devoir est d’informer selon la vérité, votre responsabilité sociale consiste à ne pas commettre l’erreur de donner le bâton à un Etat suffisamment irrité par une crise, à vous flageller au nom de la sûreté de l’Etat », a averti André Sylver Konan.

Quant à l’enseignant-chercheur, professeur, Nanourougo Coulibaly, il a fait savoir que le journaliste est libre de diffuser ses éléments. Mais au regard de la pratique, cette liberté a des limites, des restrictions que les Etats sont en droit d’apporter parfois à la liberté d’expression. Notamment au regard de l’intérêt public.  

« Dans un contexte de menace de l’état de droit, il faut une approche hiérarchisée des valeurs, (à savoir), les valeurs de la nation, de la République, la défense des intérêts publics », a proposé l’universitaire.

Ce panel avait pour modérateur l’ancien préfet d’Abidjan, Vincent Toh-Bi Irié, note-t-on.

Plusieurs autres participants ont apporté leur contribution pour enrichir le débat, notamment, le directeur de publication Pressecotedivoire.ci, le portail numérique des Editeurs de presse de Côte d’Ivoire, Abdoulaye Villard Sanogo, a fait savoir que dès le début de la crise entre la Côte d’Ivoire et le Mali, relativement à la détention des soldats ivoiriens à Bamako, il a invité sa rédaction à avoir un esprit patriotique et à se concentrer sur l’intérêt de la nation.

Lambert KOUAME

 

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