La galère des ménages







 Les difficultés ne cessent de s'accroître pour les ménages de Côte d'Ivoire. Qui va sauver les ménages ivoiriens ? Les années passent, mais les difficultés quotidiennes des ménages vont de mal en pis. La faute à une hausse permanente du coût de la vie. A commencer par les prix des denrées alimentaires qui augmentent quasi quotidiennement. Pour preuve, voici ce que nous en dit une ménagère de la commune d'Abobo interrogée hier dimanche 15 janvier à 17 heures. La mort dans l'âme, elle nous a énuméré une série d'augmentions récentes de prix de denrées de grande consommation. " Le litre d'huile de table est passé de 1000f à 1300f dans les boutiques et 1200f dans certains supermarchés. De 800f, le kg de sucre dans les boutiques est maintenant entre 900f et 1000f.  Au supermarché il est passé de 600f à 820f. 

 Le lait pour bébé est passé de 2800f à 3650f,et les céréales lactées sont passées de 1650f à 2000f. Le lait en poudre pour faire le lait caillé ou le dêguê est passé de 3300f à 4550f. 

 Le sac de riz (rizière) de 25kg est passé de 12500f à 15000f. Le kg de viande de bœuf est à 3000f maintenant contre 2300f avant.

Le carton de poisson tilapia est passé de 10000f à 13000f ou 14000f".  Les loyers ne sont pas en reste. Dans les communes d'Abobo, Yopougon, Koumassi etc. où la majorité des ménages ont des revenus faibles, l'appartement de trois pièces est loué désormais entre 100.000f et 150.000f. A Cocody, il n'y a presque plus d'appartement de trois pièces à moins de 200.000 F par mois. Les prix du transport urbain connaissent eux aussi une hausse régulière. Le trajet Yopougon-Adjamé ou Abobo-Adjamé dans les minicars (Gbaka) coûte aujourd'hui 500f en moyenne contre 300f ou 400f il y a un an. La liste des augmentations est loin d'être exhaustive. Et ce renchérissement du coût de la vie ne concerne pas que la seule métropole Abidjan. La réalité est quasi identique dans les villes de l'intérieur où le prix du loyer autrefois bas connaissent désormais des hausses exponentielles. Avec des des revenus qui stagnent ou baissent pour les chefs de famille qui perdent leur emploi, ces inflations rendent le quotidien difficile pour la majorité des ménages sans distinctions politique, ethnique ou religieuse.  Des ménages qui souffrent en silence éprouvent également d'énormes difficultés pour l'accès aux soins médicaux. Ceux qui peuvent s'offrir des soins dans le privé sont une minorité. La masse est obligée de se tourner vers les hôpitaux publics qui sont à la fois débordés et sous-équipés. Ce sont des réalités que nous observons au quotidien. Des tristes réalités qui se cachent derrière l'embellie macro-économique. Selon une étude de la  Banque africaine de développement (BAD) sur les perspectives économiques 2022,"après un ralentissement en 2020 associé au Covid-19, l'économie ivoirienne se renforce à nouveau avec une croissance du PIB de 7,4% en 2021." Cependant, selon la même étude, "l'inflation est passée de 2,4% en 2020 à 4,2% en 2021, causée par une hausse des prix des produits alimentaires, liée à une insuffisance de la production locale". Que font les dirigeants ivoiriens pour y remédier ?   En outre, dans son Document de Stategie Pays(DSP 2018-2022) la BAD soutient que les performances économiques de la Côte d'Ivoire enregistrées n'ont pas eu un effet susbtanciel à la baisse du taux de pauvreté qui reste élevé. En des  termes plus simples, la majorité des populations ne profite pas de la hausse des richesses dans le pays. Même pas les familles des 200 000 fonctionnaires (sur plus de 29 millions d'habitants sur le territoire) qui viennent de bénéficier de majorations salariales et de primes spéciales. La grande attente de  l'ensemble de ces populations, c'est que les gouvernants, tout en créant des richesses qui profitent au plus grand nombre de personnes, déploient des stratégies  qui évitent ces hausses régulières du coût de la vie. Ainsi les Ivoiriens seront-ils plus heureux en regardant pousser ponts et routes dans le pays.                                                             

Cissé Sindou

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