Axe routier Bondoukou-Bouna : un véritable chemin de croix pour les usagers





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une vue de la route entre Bondoukou et Bouna



A la faveur d’une mission initiée par le Réseau des femmes journalistes et professionnelles de la communication (Refjpci), avec le soutien du Fonds des Nations unies pour la population (Unfpa), nous sommes allées du 21 au 25 septembre 2023 à Bouna, à la rencontre des survivantes de fistules obstétricales.

Sur notre fiche de mission, il est noté que nous quittions Abidjan le jeudi 21 septembre 2023 dans la matinée et devrions dormir à Bondoukou. Puis reprendre le chemin le vendredi 22 septembre pour Bouna où nous devons rencontrer un certain nombre de personnalités et de personnes. Partis d’Abidjan aux environs de 10h dans un véhicule de type 4x4, nous marquons une pause d’une heure à Abengourou aux alentours de 15h pour nous restaurer et nous dégourdir les jambes. Notre convoi arrive à Bondoukou vers 17h. Direction la préfecture de la ville pour les formalités d’usage du système des Nations unies et prendre des consignes de sécurité.

Le point focal sécurité, Yassine N’Goran, en profite pour nous informer que nous sommes obligés de passer la nuit à Bondoukou, à cause du mauvais état de la route qui relie la capitale du Gontougo à celle du Bounkani, dans le district du Zanzan. « La route est très mauvaise. Soyez prudents, allez y doucement », nous conseille-t-elle.

Le lendemain, vendredi 22 septembre, au matin, nous embarquons pour Bouna. Il ne nous a pas fallu longtemps pour constater l’état de dégradation de cette route qui, selon des sources administratives, date de 1998. Pourtant, cette section fait partie de la route internationale (Nationale A1) qui relie la Côte d’ivoire et le Burkina Faso.

Longue de 178 kilomètres, la voie Bondoukou-Bouna est impraticable. Il nous a fallu 3h30 minutes pour parcourir le tronçon. Etat de dégradation avancée, déformation de la chaussée, pans de bitume entier décapés ou effrités. Après Doropo, c’est un véritable calvaire pour l’ensemble des usagers. Heureusement que le chauffeur qui nous conduisait avait une parfaite maîtrise de cette route. Ce qui lui a permis d’éviter la série de crevasses disséminées ça et là, mais aussi les gros et profonds nids de poule sur la voie transformée, en pareilles circonstances, en latérite. Surtout à Laoudi Ba, Flakiédougou et à Gbanhui respectivement situés, à 40, 50 et 53 km après Bondoukou, en direction de Bouna. 

Selon différentes sources dans la région, l’on constate souvent des sorties de route et autres tonneaux. « Cette dégradation fait prospérer l’activité des coupeurs de route sur cette voie. Nous recommandons donc aux usagers d’éviter de la parcourir après 14h », nous a expliqué Yassine N’goran.

Certains conducteurs rencontrés nous ont confié que cette situation a débuté en 2019. « Avant, je parcourais ce tronçon en 1h20. Mais aujourd’hui, il faut au moins mettre 4 voire 5h, à cause des clients qui descendent en cours de route. Et là, il faut prier pour ne pas tomber en panne sur cette route », a fait savoir Abdou Ouattara, un conducteur de mini car de transport communément appelé Massa.

Une situation qui impacte négativement l’activité commerciale, selon plusieurs commerçants rencontrés. « A cause de la qualité de la route, nous n’arrivons pas à écouler nos produits convenablement. Les chauffeurs augmentent le prix du transport au gré de leurs humeurs, surtout en saison pluvieuse. Nous demandons à l’Etat de jeter un coup d’œil sur cette situation », a révélé dame Germaine Noufé.

Des fonctionnaires interrogés et qui ont requis l’anonymat disent ne pas comprendre que cette route soit dans cet état quand on sait que la région compte de nombreux cadres parmi lesquels des ministres.

« Il n’y a pas longtemps, ils sont venus battre campagne pour les élections régionales et municipales. Une fois encore, ils ont fait de nombreuses promesses aux populations. Nous attendons donc impatiemment qu’elles se réalisent parce qu’avec tous les cadres que compte cette région, nous nous interrogeons sur l’état de cette route », a indiqué notre interlocuteur.

En attendant, selon des sources médiatiques, le projet de renforcement et de rénovation de l’axe routier Bondoukou-Bouna bitumé en 1998 fait l’objet d’une étude technique.

« La réalisation de ce projet va améliorer le niveau de service du transport, et entraînera le développement économique le long de cette route et dans tout le district du Zanzan. Selon les structures impliquées dans l’étude d’impact environnemental et social relatif au projet, le tronçon concerné est long de 181, 32 km. Il comportera une chaussée bi-directionnelle. La largeur d’une chaussée sera de 3,5 m avec une largeur d’accotement variant de 1,5 m à 2,3 m selon la zone traversée », a confié Léopold Kouaho Dié, expert de l’Agence nationale de l’environnement (ANDE) à un confrère il y a quelques mois.

Solange ARALAMON

 

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