Le devoir de vérité







2011-2020, une décennie perdue, 10 ans de prison pour rien. Tel pourrait être le titre du film brésilien telenovelas que  Laurent Gbagbo est en train de produire et servir  au monde depuis son retour à Abidjan le 17 juin. L’ancien président ivoirien est revenu de La Haye avec le cœur plein de haine là où, les naïfs de la République  s’attendaient à le voir fumer le calumet de la paix et de la réconciliation. Non, Gbagbo  n’est pas venu avec un cœur apaisé.

Primo, il est venu avec un cœur gonflé à bloc contre son épouse qu’il a proprement humiliée à la face du monde en descendant de l’avion accroché à sa maitresse. Aveuglé par la haine, il n’a même pas pu se rendre compte que Simone Gbagbo est la femme avec qui il a porté le FPI sur les fonts baptismaux et qui lui a donné des enfants. Non seulement il a abandonné le domicile conjugal à son retour au mépris de la loi du mariage mais, il a royalement ignoré la célébration des 72 ans de cette dernière. Après coup, il envoie une demande de divorce largement médiatisée pour briser le moral de son épouse et de ses enfants. Quelle inélégance.  Quitter une épouse, n’est pas un crime mais en tout, il faut savoir raison garder et y mettre la forme. Tant qu’on n’a pas obtenu le divorce, il est indécent de s’afficher avec sa maîtresse pour quelqu’un qui se veut un donneur de leçon. Quand on a été premier magistrat d’un pays, on ne piétine pas la loi comme le fait Gbagbo.

Secundo,  Gbagbo est revenu haineux contre ses coreligionnaires de l’église évangélique. Dès qu’il a remis les pieds au pays, il n’a pas pris le temps d’aller présenter ses civilités avec ceux avec qui il priait et avec qui il semblait avoir signé un pacte diabolique. Il s’est empressé de courir à l’église catholique pour annoncer sa rupture avec les évangéliques et son retour dans la «maison de Dieu» selon le cardinal Kutwa qui officiait la messe.

Tertio, Gbagbo est revenu avec un cœur bourré de haine contre Alassane Ouattara qu’il n’a de cesse de narguer chaque fois qu’il ouvre la bouche. Oubliant les crimes abominables commis par ses miliciens aux crânes rasés et mercenaires libériens qu’il a convoyés à Abidjan, Gbagbo indique qu’il faut rechercher les auteurs des 3000 morts de la crise de 2010 vers le parti au pouvoir. Quel cynisme !

Plus grave, Gbagbo insinue après tout ce que ses contemporains ont vécu que c’est lui qui a gagné l’élection présidentielle de 2010. Quelle foutaise ! Par un tour de magie, il veut que ses compatriotes oublient qu’il a fait annuler le vote de tous les Ivoiriens de la partie septentrionale du pays afin de se déclarer vainqueur au mépris de la loi.  Il a oublié que, sur ses instructions, son «jeune patriote» Damana pikas a déchiré les résultats de la présidentielle. Il oublie que l’Onu par son représentant, JY Choi, à Abidjan qui avait une copie de tous les PV des bureaux de vote, a certifié la victoire de Ouattara. Il oublie que la Cedeao, l’Union africaine et toutes les institutions internationales ont condamné en son temps, sa volonté de s’agripper au pouvoir malgré sa défaite claire et sans aucune ambiguïté. Il appartient à Yao Ndré qui s’est confessé à l'absence de Gbagbo de redire la vérité. Le juge constitutionnel qui a révélé qu’il était possédé par le diable au moment de la manipulation du verdict des urnes en 2010 doit courageusement répéter à Gbagbo ce qu’il avait dit aux Ivoiriens quand ce dernier était en prison. Il appartient également à Henri Konan Bédié qui fait actuellement une cour assidue à Gbagbo de lui dire la vérité au sujet du vainqueur de la présidentielle de 2010. Au nom du devoir de vérité.

 

SW

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